Que reste-t-il d’une rencontre une fois le silence revenu ? Une trace, un souffle, un lien — invisible, mais persistant. Dans cette série, l’artiste explore l’essence de ces attachements imperceptibles : ceux qui naissent des regards, des absences, des adieux.
Apprivoiser l’inconnu, c’est entrer dans l’espace fragile de l’entre-deux, là où l’autre devient proche, là où l’éphémère devient empreinte.
Sur le papier, l’encre glisse, hésite, bifurque, comme un dialogue en quête de sens.
Chaque ligne est un fil tendu — entre le visible et l’invisible, entre l’abstraction et l’émotion.
Les fleurs, omniprésentes et fragmentées, sont plus que des formes : elles sont des présences.
Écho à la rose du Petit Prince, elles symbolisent la beauté de l’attachement, cette alchimie où la fragilité devient force, où l’éphémère devient précieux.
Les émotions éclatent, vives, intenses, traçant la mémoire d’un instant, d’une absence, d’une brûlure.
Elles illuminent autant qu’elles heurtent, suggérant que toute rencontre, toute relation, porte en elle sa part de lumière et de vertige.
Les lignes se croisent, s’étreignent ou s’éloignent tout comme les trajectoires des êtres qui se frôlent.
Elles s’élancent et s’arrêtent, tendues ou brisées, comme des dialogues inachevés.
Fragments arrachés au réel, les matières et superpositions viennent troubler la surface, perturber l’équilibre, tel une vérité que l’on ne peut ignorer.
Le renard, figure de l’apprivoisement, est là, mais sans visage. Il se devine dans la tension d’une courbe, dans une vibration laissée en suspens.
Il chuchote que l’essentiel est ailleurs — dans le temps donné, dans l'attente, dans la relation tissée et jamais oubliée.
Dans Liens invisibles — Apprivoiser l’inconnu, l’artiste ne donne pas à voir, mais à ressentir.
Chaque œuvre devient un territoire sensible où l’inconnu se laisse deviner, où l’invisible devient langage.
C’est une invitation à se perdre, à chercher, à ressentir — et peut-être, au détour d’une ligne, d’un souffle, d’un silence, à retrouver quelque chose de soi.
« Il faut bien que je supporte deux ou trois chenilles si je veux connaître les papillons. »
Il y a toujours un moment imperceptible où l’inconnu devient familier. Un regard plus long, un silence qui s’étire, une attention déposée sans qu’on s’en rende compte.
Ce n’est pas une frontière nette, mais une transition fluide, un glissement léger.
C’est dans cet espace fragile que naît l’attachement.
Dans l’invisible d’abord, là où les choses s’apprivoisent — en silence.
On ne sait jamais exactement quand un lien se forme, ni à quel instant une présence devient nécessaire.
Il faut du temps, de la patience, parfois des doutes.
Apprivoiser, c’est accepter l’inconfort de l’attente, les hésitations du début, les silences qui cherchent à devenir des mots.
Et puis un jour, sans qu’on sache vraiment pourquoi, il y a une évidence.
Ce qui était incertain devient précieux. Ce qui semblait fragile est désormais un fil tendu entre deux êtres.
Comme le papillon qui surgit de sa chrysalide, l’attachement se révèle après un lent cheminement.
Il suffisait simplement de lui laisser le temps d’exister.
Chemins de l'Invisible - 40x50cm, 50x70cm - 2025
Elles s’élancent, noires et sèches, griffant l’espace, tranchant le vide.
Elles s’accrochent au vent, s’enfoncent dans la terre aride, se dressent dans le silence du désert.
Mais contre quoi luttent-elles ? Contre l’oubli ? Contre le temps qui efface tout ?
Contre une main trop pressée qui voudrait cueillir sans vraiment comprendre ?
Elles ne blessent pas vraiment, pas tout de suite.
Elles avertissent, murmurent qu’il faut avancer avec lenteur, qu’il faut mériter ce qui est fragile.
Comme une ultime défense face à l’inévitable, elles tracent un chemin d’attente, d’épreuve.
Comme si aimer, c’était d’abord apprendre à ne pas brusquer.
Mais elles ne sont qu’un prétexte, une excuse, une illusion d'une simple protection.
Car derrière elles, derrière leur fine armure, il y a la douceur qu’elles prétendent cacher.
Il y a la soif du désert, l’éclat d’un souvenir trop souvent brûlé par le soleil.
Il y a une vie qui ne veut pas se livrer trop vite.
Le Petit Prince le savait sans le dire : les épines ne sont pas là pour empêcher quiconque d’aimer, elles sont là pour rappeler que tout amour est un risque.
Un risque qu’il faut prendre, malgré tout.
Embrasement du Silence - 50x65cm, 50x70cm - 2025
« Mais les yeux sont aveugles. Il faut chercher avec le cœur. »
Il reste toujours quelque chose des histoires que l'on croit terminées. Une trace, une lueur, une ombre qui danse dans le silence. L’oubli n’existe pas vraiment – il dissimule, il atténue, mais il ne fait jamais disparaître.
Ici, au milieu des éclats de lumière et des brisures du temps, une présence persiste. Comme une empreinte dans le sable, comme une étoile qui a cessé de briller mais dont l’éclat voyage encore. Peut-être s’agit-il d’un adieu qui n’a jamais été prononcé, d’un lien que le vent n’a pas su effacer
Les couleurs s’entrechoquent, fusionnent et se dissipent, comme un dialogue suspendu entre ce qui fut et ce qui demeure. Regarder cette œuvre, c’est accepter que le passé ne s’efface pas, qu’il nous accompagne différemment, à travers ce qui vibre en nous, au-delà des mots et des images.
Car au fond, ce n’est pas avec les yeux que l’on retrouve ce qui a compté. C’est avec le cœur.
Dans le silence de l’espace et dans la promesse d’un regard apprivoisé, quelque chose demeure.
Un lien tissé au fil du temps, un attachement invisible, mais indélébile.
Il n’a ni poids ni forme, et pourtant il résiste à l’oubli, il traverse les distances et les silences.
L’éphémère rencontre du Petit Prince et du renard, comme celle entre une étoile et celui qui la contemple, n’a pas besoin de preuves tangibles pour exister.
Elle s’ancre dans l’instant, dans le battement furtif d’un cœur qui comprend avant même de savoir.
Là, dans la profondeur du ciel et dans la chaleur du désert, se joue l’essentiel.
Un dialogue entre l’infini et l’intime, entre l’absence et la présence.
Ce que l’on croit perdu ne disparaît jamais vraiment.
Il suffit d’un souvenir pour raviver une lumière, d’un éclat pour réveiller une voix.
Car les adieux ne sont que des illusions, et l’empreinte de ceux que l’on aime demeure inscrite bien au-delà du visible.
Les étoiles scintillent dans l’obscurité, non pas pour être vues, mais pour être ressenties.
Elles ne disparaissent jamais, même lorsque l’aube efface leur éclat.
Elles veillent, elles chuchotent à ceux qui savent écouter.
Mirage du Vent - 20x20cm - 2025
Ruines du sable - 20x20cm - 2025
Et quand le vent souffle dans le désert, il porte avec lui l’écho fragile de ces instants partagés, murmure éternel d’un lien que l’on ne peut voir, mais que l’on sent vibrer doucement dans l’infini.
Ombre d'un Souvenir - 13x18cm - 2025